Ayant récemment décidé de renouer avec la photographie argentique, je n’ai pas cherché à emprunter un chemin timide ou progressif. Au contraire, j’ai choisi d’embrasser d’emblée ce que beaucoup considèrent comme l’aboutissement ultime de cette pratique : le grand format. Une démarche exigeante, parfois déroutante, mais dont la promesse de richesse visuelle et de profondeur technique m’attirait irrésistiblement.
C’est ainsi que je me suis équipé d’une chambre 13×18 Woodyman. Un objet en soi fascinant, qui impose lenteur, précision et réflexion. Chaque image devient une construction, presque un rituel : installation du trépied, cadrage sous le voile noir, réglages minutieux, insertion du châssis… Rien n’est laissé au hasard, et c’est précisément cette rigueur qui redonne à l’acte photographique toute sa densité.

Mais travailler en grand format ne s’arrête évidemment pas à la prise de vue. Très vite, une évidence s’est imposée : pour explorer véritablement l’argentique dans toutes ses dimensions, il me fallait maîtriser également le tirage. Et pas n’importe comment. Tirer des négatifs 13×18 exige un matériel à la hauteur, capable de restituer la finesse et la richesse de ces grands plans-films.
Mon choix s’est donc porté sur un Durst 138S
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Un agrandisseur imposant, presque intimidant au premier abord. Une machine conçue pour une époque où l’on ne transigeait ni avec la qualité, ni avec la robustesse. Son échelle, son poids, sa présence même dans l’atelier imposent le respect. On ne “pose” pas un 138S sur une table : on lui fait une place.
C’est précisément ce qui m’a séduit. Avec lui, j’ai le sentiment d’entrer dans une autre dimension du tirage. Ici, chaque réglage compte, chaque manipulation a son importance. L’alignement, la mise au point, le choix de l’objectif, la gestion de la lumière : tout participe à un processus exigeant, mais profondément gratifiant.
Ce blog sera le carnet de bord de cette exploration.
J’y consignerai mes découvertes, mes réussites comme mes erreurs, mes tâtonnements face aux subtilités du tirage grand format. J’y parlerai d’optique, de papiers, de chimie, d’organisation du laboratoire, mais aussi — et surtout — du ressenti. Car au-delà de la technique, c’est bien une expérience sensible qui se joue ici : voir une image apparaître lentement dans le révélateur, après tout le soin apporté en amont, reste un moment presque magique.
Je ne prétends pas maîtriser cet outil, ni même en comprendre encore toutes les possibilités. Mais c’est précisément ce qui rend l’aventure passionnante. Le Durst 138S n’est pas simplement un agrandisseur : c’est un compagnon d’apprentissage, exigeant et généreux, qui promet de longues heures de pratique et, je l’espère, de belles images.
